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18 Mai 2025

Découvrez l'incroyable histoire de Arthur Bouhours

En 2026, les histoires de nos coureurs prennent vie : du dossard jusqu’à la ligne d’arrivée, découvrez des récits authentiques, inspirants et chargés d’émotions.

Voici l'histoire de Arthur Bouhours sur l'Ultra-Trail des Chevaliers - 100M

Avant de plonger dans le récit de sa course, nous vous invitons à découvrir en vidéo ses objectifs et ses sensations à quelques heures du départ

Découvrez le récit de course de Arthur

Une aventure jusqu’aux limites de mon corps

«Traverser un département entier en courant, de nuit comme de jour. Je l’avais déjà fait et je savais déjà quelles douleurs m’attendaient....

Dès le départ, l’ambiance est irréelle. On se sent comme des chevaliers partant en croisade de châteaux forts. Les premières heures filent vite, portées par l’énergie collective. Vers 21h, Kaysersberg : un ravitaillement chaotique, noyé dans la foule, avant les dernières lueurs du jour.

Puis la nuit tombe. Le calme s’installe, les frontales s’allument une à une. Je me concentre sur ma respiration, sur l’économie d’énergie, laissant mon corps se mettre en pilotage automatique, bercé par le son régulier des foulées.

À Aubure, changement brutal d’ambiance. C’est électrique, presque une fête de village. J’y retrouve ma mère. La course ne fait que commencer, mais l’esprit est déjà entamé. Pas le temps de s’attarder : direction le Haut-Koenigsbourg. En chemin, un chien nous suit sur plusieurs kilomètres ; je finis par le guider jusqu’à des gendarmes, en espérant qu’il ait retrouvé son propriétaire.

Les jambes répondent bien. Le Haut-Koenigsbourg aussi. Même à 3h du matin, le site est animé, baigné de fumée qui perce la nuit étoilée. La descente vers Châtenois marque la fin d’une nuit parfaite, passée à rire avec un coureur allemand dont je ne comprenais pas un mot, mais dont je comprenais parfaitement l’amour du trail.

À Dambach-la-Ville, je découvre le lever du jour. L’an passé, j’y étais arrivé en plein après-midi, écrasé par le soleil. Cette fois, la nuit se termine doucement. Je change de chaussures, découvre une ampoule bien saignante au pied droit, pose un pansement, avale un Red Bull… et repars.

Je me sens bien. La journée commence à peine, mais je sais qu’à partir de là, chaque ravitaillement sera un soutien mental précieux. À Barr, je m’élance vers le Mont Sainte-Odile, terrain d’entraînement bien connu. Et là, annonce inattendue : « Arthur, tu es 101e. »

Mon dossard est le 239. Tout s’éclaire. Je comprends que je suis dans la forme de ma vie. Parti avec l’objectif des 24 heures, un nouveau défi s’impose : le top 100.

Après une montée rapide du Mont Sainte-Odile, me voilà déjà dans le top 90. Les jambes avancent vite, mais approche la section que je redoute le plus : Klingenthal. Trois heures d’efforts en yo-yo, sur un terrain technique exigeant, après plus de seize heures de course. Je perds quelques places, sans m’affoler : le plus dur est derrière.

Les quadriceps brûlent dans les descentes, mais je m’accroche jusqu’à Rosheim. Vingt-deux heures de course. Il ne reste plus que sept kilomètres. Je suis 91e. Même en rampant, je finirai. L’objectif initial est assuré.

À quatre kilomètres de l’arrivée, en descente, par manque d’attention, je heurte un rocher pied gauche, jambe tendue. La douleur est immédiate. Impossible de trottiner, impossible de tendre la jambe. Ce qui devait être une arrivée sous les 23 heures devient une lutte de trente minutes, à boiter dans les dernières descentes.

Ma mère m’écrit les classements au fil des mètres : 94e, puis 96e, et enfin 98e à cinq cents mètres de l’arrivée. Je refuse d’abandonner le top 100. Sur les remparts d’Obernai, malgré la douleur, je termine porté par la ferveur du public, la tête haute. 98e, en 23h27min30s, à 21 ans. Treize heures de moins que l’année précédente.

Mais l’histoire ne s’arrête pas sur la ligne. L’adrénaline retombe brutalement. On me porte jusqu’aux kinés et médecins. Deux jours plus tard, l’IRM confirme le verdict : déchirure du semi-membraneux et rupture partielle du ligament croisé antérieur.»

Cette course m’a déjà poussé dans mes limites mentales. Cette année, elle m’a fait toucher mes limites physiques.

Arthur Bouhours

100M - 2025

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